Les temps s'achèvent dans la pluie et l'orage, le ciel s'efface dans le soir estompé. Les temps froids s'installent, il n'y a que la chaleur du jour et les jardins de fraîcheur dans l'ombre du bonheur. Même les fleurs disparaissent et je voudrai tellement qu'il y en ait plus, dans les jardins et dans mon c½ur, quelque chose du Paradis, le temps de respirer, dans les jardins du bonheur.
Et sans les paradis artificiels, il n'y aurait que la Terre, que la Terre et le ciel et les nuages et un peu de vent autour et des herbes sous les pieds nus et des rhododendrons dessous. Ça ne serait que la Terre, que la Terre sans l'enfer et sans toi, sans personne et sans rien. Rien qu'un peu d'ombre dans le ciel bleu, les arcanes du rêve dans un sommeil immense, à l'ombre de tes yeux. C'est dans ta solitude, quand tu penses, quand tu rêves au fond du gouffre amer, c'est dans ta solitude que tu prêches le silence, quand tu penses, quand tu penses au plus loin du désert.
C'est la colombe du matin et la pervenche du soir, le bleu lavande odorant et la teinte du berger, l'heure lumineuse et douce, le citron, l'olivier, quand les lauriers-roses descendent et le romarin embaume, alors toutes les passions reviennent vers le soir, vers le soir et les temps s'illuminent de tes baisers pluvieux.
Sonne, sonne la musique du soir et la nuit immobile où dansent les ténèbres et les étoiles brunes, la lune sauvage et rousse.




